Peut-on encore espérer que nos petites graines alternatives semées avec tant de conviction et de sincérité finissent par germer ?

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Tellement facile d'entrer dans la danse macabre du marché industriel.
Acheter ce que la grosse machine de la société de con-sommation nous impose insidieusement, sournoisement, malhonnêtement.
Préférer les plats tout fait et les produits bourrés de chimie, additifs en tout genre, colorants, conservateurs, glutamate, graisses hydrogénées, OGM.....
Continuer à entretenir nos addictions au pas de course dans les hypermarchés.
Manger des lasagnes de boeuf au cheval, de la vache folle, du poulet aux antibiotiques, du veau aux hormones, du porc au SARM, des fruits et légumes ( même bio ) qui ont traversé la planète et derrière lesquels se cache une exploitation humaine intolérable sur laquelle il est plus confortable de fermer les yeux. Et, est-il nécessaire de parler des fruits et légumes conventionnels (même locaux) qui regorgent de produits chimiques, de perturbateurs endocriniens, de poison ...
Sans se poser de question. 

Beaucoup plus difficile de soutenir un paysan et une agriculture vivrière par le biais d'une AMAP. D'en supporter les contraintes.
Ce choix de consommation courageux, responsable et politique n'attire d'ailleurs pas les foules et - je souhaite évidemment me tromper - mais je me dis que l'avenir des "vraies" AMAP sera peut être moins long que son passé.
C'est pourtant le seul mode de commercialisation qui tend à concilier produits sains, proximité, fraîcheur, autonomie, convivialité et solidarité.
Il ne s'agit évidement pas juste d'un bon plan pour avoir des produits frais et bio : il y a un engagement à respecter des deux côtés.
Mais l'engagement, la confiance, le soutien ont-ils encore leur place dans notre merveilleuse société d'hyper consommation ?
Sans doute l'épuisement contribue-t-il à ternir ma vision des choses mais l'optimisme m'échappe ...

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Coûte que coûte nous luttons, à notre échelle, contre le système agricole ravageur qui est en train de faire mourir nos terres et de nous rendre malades en enrichissant les lobbys et sans pour autant remédier à la malnutrition mondiale ... Quel gâchis ...
Comment à t-on pu placer tant d'espoir dans l'agrochimie ?
On vit de plus en plus longtemps mais de plus en plus malades dans ce monde où l'argent est roi.
Faire notre métier tel que nous l'entendons demande un investissement colossal et de tout ordre. Compliqué parfois ...

Mes convictions restent entières mais mon enthousiasme et mon énergie, mis à trop rude épreuve ces derniers temps, m' imposent un peu de recul.

Merci aux amapiens "purs et durs", à qui ce message ne s'adresse évidemment pas !