36f07f37

 

Et oui, maintenant on a chaud !! Mais l'arrivée brutale de ce beau soleil  ne va pas rattraper subitement les 15 jours de retard sur nos cultures d'été ...
Quelques tomates commencent à mûrir par ci par là, mais il n'y en a pas encore assez pour tous les paniers. Patience...

Poivrons et auberginesSerre tomates et concombresRécoltes

OignonsSalades plein champBourrache bleue et blanche

Nous sommes en décalage et curieusement, je me sens moi aussi en décalage ces temps-ci !
Nous avons démarré cette aventure amapienne avec de fortes convictions, nous y avons mis beaucoup de cœur et beaucoup d'énergie mais, depuis un moment déjà, la fatigue et quelques déceptions ternissent un peu nos utopies.

Le système des AMAP est vraiment, vraiment particulier. Il semble ne pouvoir convenir qu'à une toute petite minorité de convaincus. Les autres n'y trouvent pas vraiment leur compte et, en y comprenant rien, ils nous font finalement beaucoup de mal.

Elles sont où les AMAP ? Je veux dire les vraies AMAP. Car des livraisons de "paniers",  il en pleut de tous côtés et à toutes les sauces, et les AMAP s'en trouvent d'autant plus fragilisées. Nous ne sommes sans doute pas assez nombreux, vrais producteurs engagés où mangeurs militants,  pour réellement  pérenniser ce circuit parallèle et le faire vivre sur les vraies bases qui ont animées sa création. Mais on fait ce qu'on peut, on continue à y croire et à rêver d'une prise de conscience collective.

Je crois l'avoir déjà dit ici où là, s'inscrire dans une AMAP ce n'est pas un "bon plan", c'est plutôt une philosophie, un choix de vie. À mon sens, c'est même un acte politique.

Ce n'est pas facile d'accepter de ne pas choisir ses produits, de ne pas savoir ce qui remplira notre frigo la semaine suivante, ni en variétés, ni en quantités, de s'engager à être là, chaque semaine de livraison dans un créneau horaire bien défini, de trouver le temps pour s'investir dans la vie associative, de faire confiance à un producteur dont on connaît mal le métier ... Pour tout cela, merci à nos amapiens actuels qui partagent nos convictions, nous soutiennent et donnent encore du sens à nos combats.

Côté producteurs, pas facile non plus de s'habituer à cette pression permanente. La pression de remplir les paniers avec le plus grand soin et de façon diversifiée, la pression d'être à la hauteur de la confiance accordée par les amapiens, la pression des aléas climatiques qui peuvent brutalement chambouler tous nos plans de cultures et nos conditions de travail ...

Donc oui, derrière tout ça il y a forcément des convictions et des certitudes, sinon on arrête tout !  Et il y a le bonheur de faire sa part pour un monde meilleur, plus sain, plus équitable, plus solidaire, plus humain ...
On se nourrit bien, bio et local. C'est bon pour nous, pour nos enfants, pour la planète. On se ré-approprie les choses, on sait d'où vient notre nourriture, on sait qui la produit et de quelle façon. On arrête de s'empoisonner, d'empoisonner la terre. On arrête de contribuer à la puissance des lobbys, on boycotte les circuits industriels de l'agroalimentaire. On accepte de manger au rythme des saisons, on accepte d'attendre que ce soit le moment, même si les étals regorgent à longueur d'année de tout et n'importe quoi. On essaye de ne pas céder constamment à cette société d'hyper consommation qui ravage et perverti nos actes les plus simples. On accepte de payer le juste prix, rémunérateur d'un travail artisanal et laborieux. On accepte le partage d'une part de récoltes avec tous ses possibles.
Agir en conscience et en harmonie.

Tiens, je vais aller relire la "sobriété heureuse", ça m'apaisera.

 DSC06271

Des conditions de travail compliquées + un mal de dos à hurler + un tracteur en panne et les pièces qui n'arrivent pas + une piqûre de bourdon violente + quelques centaines de choux et autres en attente de plantation + le puits colmaté par les racines du figuier + une bonne centaine de plants de tomates qui me restent sur les bras et qui vont finir à la poubelle (faute de n'avoir pas eu le temps ni l'énergie d'organiser une vente annuelle qui aurait pourtant permis de mettre un peu de beurre dans les épinards) + tant d'autres choses  + tant d'autres choses + tant d'autres choses !

Bouh, ça fait beaucoup d'un coup tout ça. Donc pas besoin d'en rajouter, merci.

Voilà c'était le jour des jérémiades ! Désolée, je suis venue déverser ici mon petit ras-le-bol ... Il me sert aussi à ça ce blog !
Ne vous affolez pas ceux qui me lisent  ( c'est à dire ma famille, que j'embrasse fort et que je rassure : rien de grave ! et les "piliers" de nos amap que je remercie sincèrement d'être là et sans qui on aurait bien du mal à continuer), ça va aller, c'est juste un petit ras le bol, il y a tellement beaucoup plus à plaindre que nous...
Mais ça fait du bien quand même de s'épancher un peu !


Maintenant , je fais un petit break. Pfffouuu ... respiration !
Ho'oponopono (désolée, pardon, merci, je t'aime )
Revenir à l'essentiel
Souris, respire et va lentement.

 

Bisounours