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Malgré un hiver peu rigoureux jusqu’à maintenant, voilà la saison où le jardin est un peu triste ... De moins en moins de récoltes, des fins de cultures pas forcément très jolies, des serres encore remplies des "restes" de l'été. 
Encore quelques livraisons puis, en février, ce sera la pause et le moment de préparer la prochaine saison.
Elle sera allégée, nous avons besoin de lever le pied et allons réduire le nombre de semaines de livraison sur l'année. Parce que, ça y est, nous avons 120 ans (ben oui, 60 chacun !) et le travail physique devient chaque année un peu plus pénible.
Et puis nous sommes aux premières loges pour constater qu'il est bien là le dérèglement climatique. Notre activité s'en trouve impactée, nous devons nous adapter, adapter les variétés et les périodes de plantations.
Nous allons continuer à faire ce que nous pouvons dans un contexte de plus en plus compliqué, en espérant, encore et toujours, que finissent par éclore une vraie conscience et de vraies mesures politiques parce que la simple bonne volonté citoyenne risque de ne plus suffire.

A l'heure où les scientifiques tirent le signal d'alarme sur l'évaporation des océans, la disparition de la biodiversité, la diminution de la croissance végétale, on ne peut que s'inquiéter.
En 15 ans plus de 30% des oiseaux des champs ont disparus en France. La dégradation et la disparition des milieux qui leurs sont favorables est en cause. Il en va de même pour les insectes dont la disparition progressive de nombreuses espèces s'apparente pour les spécialistes à une "catastrophe silencieuse". Cela fait aussi des années et des années que les apiculteurs nous alertent sur le sort des abeilles.

Que faire d'un monde où l'homme a transformé la nature en une industrie productiviste qui ravage tout ?
L'agriculture nourricière est devenue insidieusement mortifère.
Que faire devant cette toute puissance des lobbys qui préconisent les épandages de pesticides jusqu'à 5 à 10 mètres des habitations, alors même que le lien entre la toxicité de ces produits et les cas d'enfants nés avec des malformations, développant des cancers ou présentant des troubles d'autisme ou d'hyper activité est clairement établi.

Et alors comment rester optimiste quand on constate l'echec cuisant du plan Ecophyto qui promettait à court terme une réduction de l'usage des pesticides : un rapport tout récent du ministère de l'Agriculture fait état d'une augmentation de plus de 20 % de vente de pesticides entre 2017 et et 2018. On saura l’année prochaine ce que ça donne pour 2019...

Et puis, que dire d'une société qui rend obligatoires des vaccins bourrés d'aluminium, alors que ce même aluminium a été retiré des vaccins pour chats à cause de sa dangerosité.
Et que penser d'un panneau publicitaire tout frais, croisé hier sur ma route:   Actuellement chez L...  tomates grappes 1,99 € le kilo, origine Espagne. 
Mais nous sommes au mois de janvier !!! 
Réfléchissons à l'impact de ces produits sur l'environnement (production en serres chauffées, transport..) la santé (traitements chimiques, avec même des produits interdits d'utilisation en France) et l'humain (conditions de travail quasi esclavagistes, 
imaginons combien sont payés les ouvriers pour que le produit arrive à moins de 2€ en magasin). Et en plus ça ne doit avoir aucun goût 💩 
Et oui, quand on pense qu'il suffirait que PERSONNE n'en achète  ...

C’est cette publicité qui a déclenché ma colère je crois, mais je pourrai continuer encore et encore à évoquer tant d’autres raisons ....parler de la disparition progressive de l'Amazonie, de l'augmentation hallucinante du continent de plastique, des incendies en Australie, du report de l'interdiction des pailles en plastiques, des fermes-usines, de l'installation forcée des compteurs communiquants, du développement de la 5G, des 36 traitements préconisés sur les pommiers, des normes "biosécurité" aberrantes imposées aux petits éleveurs, de notre future retraite estimée à moins de 600 € mensuel chacun... tout me vient en vrac, la liste est malheureusement non exhaustive, beaucoup trop longue... J'arrête là !

On continue quand même, en s'accrochant à quelques satisfactions qui nous laissent suspendus à nos espérances !
On continue à préserver notre terre et à cultiver notre jardin avec respect et bon sens.
On continue à faire notre part en révisant totalement nos comportements de consommation car, c'est certain -et beaucoup l'on dit déjà- il est impossible de continuer à poursuivre une croissance infinie (même "verte") dans un monde fini.

 

 J’ai peut-être plombé un peu l’ambiance... bonne année, quand même ! ani45

 

 

 

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