le grand jardin

30 mars 2020

"Nous sommes une humanité tellement malade"

Sur ce blog j'ai déjà parlé de Coline Serreau puisque son film "Solutions locales pour un désordre global" a joué un rôle catalyseur dans notre désir de créer une AMAP.
Sur France Inter ce dimanche elle était quelque peu remontée et j'adhère à tout ce qu'elle a dit.
Dans cette terrible crise, des pages se tournent ... Il y aura un avant et un après, c'est sûr, et il faudrait vraiment que ce soit mieux après ...
Prenez le temps de lire ce texte, tout est dit et bien dit !

Le coup de gueule de Coline Serreau :

"Le gouvernement gère l'épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie.

Apprenons à survivre parmi eux, à s'en protéger en faisant vivre l'espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d'affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l'équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l'intelligence collective et populaire se manifeste.

En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connu et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l'action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies.

Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d'euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment "exploitants agricoles" reçoivent des centaines de milliers d'euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l'industrie chimique prospère.

Et voilà que le petit virus remet les pendules à l'heure, voilà qu'aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d'éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

Nous manquons d'argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l'argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu'ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l'ont-ils gagné cet argent ? Ils l'ont gagné parce qu'il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d'autoroutes, de trains, d'égouts, d'électricité, d'eau courante, d'écoles, d'hôpitaux, de stades, et j'en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.

Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d'annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro.

Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l'électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu'aux banquiers.

J'espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n'a fait que nous appauvrir.

Et le peuple l'a si bien compris qu'il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l'humain avant le fric.

Ne nous y trompons pas, il n'y aura pas de retour en arrière après cette crise.

Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d'entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu'ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l'endroit.

Où sont les vraies valeurs ? Qu'est-ce qui est important dans nos vies ?

Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d'une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ?

Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?

Encaisser la violence sociale de ceux qui n'ont eu de cesse d'appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ?

Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu'ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ?

Alors que la seule médecine valable, c’est celle qui s'occupe de l'environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s'ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus.

En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d'hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s'en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu'elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu'à des catastrophes.

Mais ne vous faites pas d'illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés.

Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres "pestes" seront à l'aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire.

Cette épidémie, si l'on a l'intelligence d'en analyser l'origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.

Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d'objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d'abord en achetant moins on devient riches.

Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l'entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal.

On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s'envoie des messages qui rivalisent de créativité et d'humour.

Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.

Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n'est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d'une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains.

Quoi de pire qu'un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude.

C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d'assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n'ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple.

En ce sens, l'annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle.

Après l'explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une maffia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d'un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l'industrie du luxe, où l'on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d'artiste qu'il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !

Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture ce serait un beau rêve !

Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m'ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l'hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d'amour et d'espoir à ceux qui en ont besoin."

Coline Serreau
Dimanche 22 mars. Coline Serreau, réalisatrice de Trois hommes et un couffin, mais aussi de films visionnaires, écologistes, humanistes et généreux comme La belle verte ou La crise.

 

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L'armée des ombres !

 

La grande idée de notre ministre de l'Agriculture tellement bien commentée par Fabrice Nicolino ...
J'adore !

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Toi aussi, rejoins l’armée des ombres de l’agriculture !

Fabrice Nicolino · le 26 mars 2020

"Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture se croit dans le cinéma d’auteur et se lance dans un show destiné à convaincre les coiffeurs de devenir des paysans. Ça vient de sortir, mais on n’est pas tout à fait sûr que la chose obtiendra la Palme d’or.

 

Ami cinéphile, tu vas être gâté pourri. En 1969, le grand Melville sort L’Armée des ombres. Ventura y joue le rôle d’un héros de la Résistance, et Signoret celui d’une traîtresse, qui va donner des noms à la Gestapo. Un bon film, recommandé par Charlie.

Dans un remake qui sent son navet à plein nez, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, s’enflamme. Attention, citation, prends donc ta respiration : « Il y a la possibilité d’avoir 200 000 emplois directs dans l’agriculture. Donc je veux lancer un grand appel à l’armée des ombres, un grand appel aux femmes et aux hommes qui aujourd’hui ne travaillent pas, un grand appel à celles et ceux qui sont confinés chez eux dans leur appartement ou dans leur maison, à celles et ceux qui sont serveurs dans un restaurant, hôtesses d’accueil dans un hôtel, aux coiffeurs ». Ajoutant dans sa belle foulée d’athlète : « Allons dans les champs. [Les volontaires] seront salariés par les agriculteurs. Il faut que les travaux des champs se fassent ». En images, c’est encore plus grandiloquent :

 

La FNSEA décide

C’est sûr, la langue du grand personnage a fourché. À force d’entendre dire que la France est en guerre, Guillaume aura confondu la population française et le groupe Manouchian de l’Affiche rouge. Nous voilà tous engagés, nous les feignasses, dans un vaste mouvement héroïque et patriotique. C’est bien, mais au fait, pourquoi tout ça ? La première chose à comprendre, c’est qu’un ministre de l’Agriculture est un ventriloque. Depuis l’après-guerre, et surtout depuis le retour de De Gaulle au pouvoir en 1958, la rue de Varenne – siège du ministère – est une antenne de la FNSEA, ce « syndicat » paysan qui tue un à un tous ses membres.

Aucune décision concernant les affaires agricoles n’est prise sans accord préalable de la chefferie de la FNSEA, qui en échange ne dépasse jamais, jamais, jamais la mesure. On appelle cela la cogestion. La FNSEA parle, Guillaume répète.

Or en effet, le confinement en cours emmerde bel et bien plus d’un exploitant agricole. Pour une raison simple : l’agriculture intensive de mâche, d’asperge, de fraises, de pommes, de poires – mot à double sens – n’est plus possible sans cette autre armée des ombres que sont les saisonniers. Chaque année, tandis que nous tous regardons ailleurs, ils débarquent et forment au total le tiers des travailleurs de la campagne. Sans eux, pas de récolte, pas de fruits et de légumes bradés chez Carrefour ou Lidl.

S’ils se plaignent de conditions de travail ou d’hygiène, rien de plus simple que de les lourder d’un soir à l’autre. C’est exactement cela que propose Guillaume à ceux qui voudront bien passer de la boutique du coiffeur au verger de pommes traités aux pesticides 35 fois par saison. C’est sympa, ça sent bon la France.

Une agriculture vraiment propre ?

Et pour être sûr d’être compris par les malentendants volontaires, Guillaume s’est même permis ces mots rigolos : « « Rejoignez celles et ceux qui vont nous permettre de nous nourrir de façon propre, saine, durable ». Propres, sains, durables les soja OGM qui nourrissent nos bestiaux ? Les centaines de pesticides différents utilisés en France, qu’on retrouve dans presque toutes les rivières ? Les centaines de kilomètres de sable du rivage, où se déversent nitrates, merdouilles et chimies diverses ? Les aliments industriels où l’on retrouve partout les traces de cette si belle activité ?

Guillaume se sera trompé de film. On le voit impeccable dans le rôle de Ludovic Cruchot, ci-devant Gendarme à Saint-Tropez. Trop drôle."

 https://charliehebdo.fr/2020/03/ecologie/toi-aussi-rejoins-larmee-des-ombres-de-lagriculture/

 

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Mais l'appel du ministre a marché 😂😂😂 au Grand Jardin Danièle a rejoint notre armée ! Elle vient en voisine-amapienne, nous nous parlons à distance et elle s'attèle à la tâche qu'elle s'est attribuée : le nettoyage de la dernière serre.

Trop cool 👍 😉

 

 

 

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24 mars 2020

De nouvelles nouvelles !

Ce matin une abeille butinait la bourrache 

Butinage de bourrache

Normal que ça l'attire, c'est une explosion de fleurs ! 

 

. . .

. . Bourrache blanche

Le nettoyage des serres avancent bien. Les années précédentes nous faisions ces gros chantiers avec l'aide des amapiens, mais cette fois-ci le confinement nous en prive. A deux c'est beaucoup plus laborieux, mais nous le faisons à notre rythme plutôt tranquillement. A vrai dire l'ambiance générale actuelle ne pousse vraiment pas à se mettre minables ...
Même si tout va bien pour nous, que nous sommes même vraiment privilégiés au regard de la situation, il y a une athmosphère particulière, c'est le moins qu'on puisse dire... De l'inquiétude, de l'incertitude mais aussi l'espoir que de vraies belles leçons soient tirées de cette catastrophe.
Terrible de constater que la nature va mieux quand l'homme est moins présent... Ici, quasi plus de passages d'avions au dessus de nos têtes.
Ça fait du bien ce ciel "propre" et cet espace sonore redonné aux oiseaux. Par contre, aux alentours, il nous reste encore la pollution chimique de nos voisins agriculteurs ... ça change pas, ça :( 


Deux serres sont prêtes pour accueillir les plantations, une autre est à moitié vidée et il en reste encore une à nettoyer.

Serre à vider Presque fini ! ça y est ! 

Du coup, prochaine étape imminente : la plantation de ces petits "bébés" :

Courgettes et concombres Tomates

Parallèlement Dominique s'active aussi à préparer la terre pour les prochaines plantations de pommes de terre et d'oignons.

Avec tout ça Ferdinand a déménagé, il passe de serres en serres à mesure qu'elles sont vidées..
On le voit souvent, parfois tout seul, parfois avec une, deux ou trois poules !!! 
Ça nous fait un peu d'animation :)

 

 

 

Je vous souhaite à tous un confinement le plus harmonieux et le plus serein possible.
Et continuez à faire un petit signe et donner de vos nouvelles dans les commentaires, ça fait tellement plaisir !

 

 

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19 mars 2020

Des nouvelles

 

...

Dans cette tourmente anxiogène que nous traversons tous en ce moment, je crois qu'il est important de garder du lien et de se donner des nouvelles.
Je m'y mets !
Vous qui passez par là, j'espère que votre confinement se passe le mieux possible...
De notre côté ça n'impacte pas beaucoup notre quotidien, nous allons au jardin chaque jour pour continuer à mettre en place nos/vos cultures de printemps et d'été.
Actuellement nous sommes en pause AMAP, donc pas de problème de livraisons contrairement à certains collègues qui ont du mal à livrer, les lieux d'acceuil étant parfois interdits d'accès par les municipalités.
Mais la solidarité bat son plein et grâce à la belle énergie des bénévoles, les distributions sont parfois déplacées géographiquement mais elles arrivent à se faire, évidemment en respectant les règles sanitaires.

Ce n'est pas simple ! Mais dans la mesure ou les supermarchés restent ouverts il est incohérent d'interdire des distributions d'AMAP qui se font en plein air, qui regroupent beaucoup moins de monde et qui en plus donnent accès à une nourriture saine et locale.

Au milieu de ce tumulte, nous nous confinons au jardin (oui, nous sommes bien conscients qu'il y a pire comme confinement et nous pensons à tous ceux pour qui ça doit être beaucoup plus difficile à vivre) pour préparer notre prochaine saison dont les livraisons devraient commencer en mai.

Les petits plants de courgettes, concombres, tomates, aubergines et poivrons sont en pleine forme. Un peu en avance ... tout a poussé très vite. Du coup, il faut s'activer et préparer les serres pour leur prochaine plantation.
Les températures encore un peu fraîches la nuit et les ensoleillements de la journée nous contraignent à nous en occuper particulièrement. Chaque soir nous les couvrons de voile intissé pour la nuit dans la pépinière bien fermée et chaque matin il faut aller les découvrir sans traîner car la température monte très vite sous la serre.
Les semis de betteraves, fenouil, choux-rave sont aussi en bonne voie.
Nous avons réceptionné les plants de pommes de terre et les bulbilles d'oignons à planter très prochainement.
Comme tous les ans à cette époque, il y a du pain sur la planche !

 

Mini mottes betteraves, chx rave, fenouil Courgettes .

Concombres  Tomates Fleurs

Choux raves Betteraves Aubergines

Aromatiques Tomates Menthe et giroflées

Cosmos Spirale Plants

 Une serre nettoyée en vue des prochaines plantations

... 

Et une autre à vider    ...

 
Les pêchers sont en fleurs ...
Continuons à regarder les belles choses, c'est réconfortant.

Fleurs de pêcher Tulipes et romarin DSCN1598

Muscaris Pissenlit Pervenches 

Le faisanLà c'est le faisan qui habite sous une de nos serres encore inoccupée. Il est souvent accompagné de trois poules mais ils ne se laissent pas trop prendre en photo (normal, ils sont là incognito à cause des chasseurs), j'ai du zoomé pour le saisir.
Mais, Ferdinand, (c'est comme ça qu'on l'appelle) il va falloir libérer bientôt la place !
Il y a une belle friche pas loin où il sera bien, planqué avec ses trois poules.

 

J'espère que ces nouvelles et ce petit tour du jardin vous auront fait plaisir et vous auront changé un peu les idées...

Prenez soin de vous et donnez des nouvelles vous aussi !  

Origan et sarriettechardon...

 

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08 février 2020

L'assassinat des petits paysans ...

Quand on est adhérents à l'AMAP porc
Quand on découvre les super colis que Patrice vient nous livrer et qu'on se régale d'avance
Quand on sait le travail qu'il fait
Quand on sait que ce travail est tout à la fois laborieux, mal rémunéré, nourricier et respectueux
Quand on sait que la consommation de produits bio et locaux est la seule résistance face aux fermes-usines industrielles ...

Alors, on se prend cette vidéo en pleine face et ...
on s'inquiète un peu quand même ...

 

 

 

 

 

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06 février 2020

Relocaliser l’alimentation

 

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Manger local, c’est bon pour le goût, la santé, les paysans, l’environnement, les paysages… mais si c’était aussi une question de sécurité civile ? En cas, par exemple, de cyberattaque paralysant les acteurs de l’approvisionnement alimentaire, comment se prémunir d’une pénurie alimentaire ? Comment accroître notre résilience alors que les magasins n’ont que trois jours de stocks ?

Stéphane Linou, ancien Conseiller général de l’Aude, Conseiller en développement local et pionnier du mouvement Locavore en France vient de publier une enquête menée à la croisée des mondes de l'agriculture, l'alimentation, la sécurité, la défense et la société civile, qui propose de multiples actions à tous niveaux pour renforcer nos systèmes alimentaires locaux et améliorer la souveraineté alimentaire.
Françoise Laborde, sénatrice de Haute-Garonne, a récemment défendu au Sénat un projet de résolution « Résilience alimentaire des territoires et sécurité nationale.

La conférence sera suivie d'un débat avec la salle et les organisateurs.
 

Événement co-organisé par Le collectif Nourrir la Ville (ADEAR 31, CIVAM Haute-Garonne, Cocagne Haute -Garonne, Erables 31, Terre de Liens Midi-Pyrénées, Le 100e Singe), Toulouse en Transition, Cocagne Alimen'Terre, FNE Midi-Pyrénées, Les Amis de la Terre, Citoyens pour le Climat, Greenpeace Toulouse, 3PA, Green My City, AMAP Midi-Pyrénées.

 

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04 février 2020

Fin de saison, nouvelle saison !

Plus beaucoup de légumes au jardin, mais déjà quelques fleurs printanières !
Pour le moment il n'y a pas eu d'hiver, mais beaucoup, beaucoup d'eau.
Les dernières récoltes sont difficiles et l'excés d'humidité, couplé à des températures tout de même très douces pour la saison, apporte son lot de problèmes supplémentaires sur le développement ou la conservation de certains légumes. C'est la période des récoltes maigrichonnes et ingrates ...
Et encore, notre sol est vivant et ne reste pas gorgé d'eau en surface comme ces champs alentours, cruellement labourés, totalement morts.

Notre saison d'AMAP touche à sa fin. Encore 2 livraisons, puis une pause pendant laquelle nous préparerons tranquillement la saison suivante. Déjà nous n'allons pas tarder à commencer les semis et remplir la pépinière.

Merci d'avance à ceux qui continueront l'aventure amapienne. Je rabâche, mais il est évident qu'au delà de se nourrir sainement et localement, l'adhésion à l'AMAP est un véritable acte militant. 

A propos de militants, je viens de terminer le dernier numéro de Kaizen
(que ma maman m'a prêté, merci !)
Le dossier sur les néo-paysans est intéressant et, au delà du fait que, bien sûr, de nombreux témoignages résonnent en moi, la lecture en est motivante. Un peu d'optimisme sur un métier qui, même s'il est souvent difficile, a vraiment du sens ! 

 

 

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Au grand jardin- Janvier 2020

 

 

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11 janvier 2020

Que dire ....

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Malgré un hiver peu rigoureux jusqu’à maintenant, voilà la saison où le jardin est un peu triste ... De moins en moins de récoltes, des fins de cultures pas forcément très jolies, des serres encore remplies des "restes" de l'été. 
Encore quelques livraisons puis, en février, ce sera la pause et le moment de préparer la prochaine saison.
Elle sera allégée, nous avons besoin de lever le pied et allons réduire le nombre de semaines de livraison sur l'année. Parce que, ça y est, nous avons 120 ans (ben oui, 60 chacun !) et le travail physique devient chaque année un peu plus pénible.
Et puis nous sommes aux premières loges pour constater qu'il est bien là le dérèglement climatique. Notre activité s'en trouve impactée, nous devons nous adapter, adapter les variétés et les périodes de plantations.
Nous allons continuer à faire ce que nous pouvons dans un contexte de plus en plus compliqué, en espérant, encore et toujours, que finissent par éclore une vraie conscience et de vraies mesures politiques parce que la simple bonne volonté citoyenne risque de ne plus suffire.

A l'heure où les scientifiques tirent le signal d'alarme sur l'évaporation des océans, la disparition de la biodiversité, la diminution de la croissance végétale, on ne peut que s'inquiéter.
En 15 ans plus de 30% des oiseaux des champs ont disparus en France. La dégradation et la disparition des milieux qui leurs sont favorables est en cause. Il en va de même pour les insectes dont la disparition progressive de nombreuses espèces s'apparente pour les spécialistes à une "catastrophe silencieuse". Cela fait aussi des années et des années que les apiculteurs nous alertent sur le sort des abeilles.

Que faire d'un monde où l'homme a transformé la nature en une industrie productiviste qui ravage tout ?
L'agriculture nourricière est devenue insidieusement mortifère.
Que faire devant cette toute puissance des lobbys qui préconisent les épandages de pesticides jusqu'à 5 à 10 mètres des habitations, alors même que le lien entre la toxicité de ces produits et les cas d'enfants nés avec des malformations, développant des cancers ou présentant des troubles d'autisme ou d'hyper activité est clairement établi.

Et alors comment rester optimiste quand on constate l'echec cuisant du plan Ecophyto qui promettait à court terme une réduction de l'usage des pesticides : un rapport tout récent du ministère de l'Agriculture fait état d'une augmentation de plus de 20 % de vente de pesticides entre 2017 et et 2018. On saura l’année prochaine ce que ça donne pour 2019...

Et puis, que dire d'une société qui rend obligatoires des vaccins bourrés d'aluminium, alors que ce même aluminium a été retiré des vaccins pour chats à cause de sa dangerosité.
Et que penser d'un panneau publicitaire tout frais, croisé hier sur ma route:   Actuellement chez L...  tomates grappes 1,99 € le kilo, origine Espagne. 
Mais nous sommes au mois de janvier !!! 
Réfléchissons à l'impact de ces produits sur l'environnement (production en serres chauffées, transport..) la santé (traitements chimiques, avec même des produits interdits d'utilisation en France) et l'humain (conditions de travail quasi esclavagistes, 
imaginons combien sont payés les ouvriers pour que le produit arrive à moins de 2€ en magasin). Et en plus ça ne doit avoir aucun goût 💩 
Et oui, quand on pense qu'il suffirait que PERSONNE n'en achète  ...

C’est cette publicité qui a déclenché ma colère je crois, mais je pourrai continuer encore et encore à évoquer tant d’autres raisons ....parler de la disparition progressive de l'Amazonie, de l'augmentation hallucinante du continent de plastique, des incendies en Australie, du report de l'interdiction des pailles en plastiques, des fermes-usines, de l'installation forcée des compteurs communiquants, du développement de la 5G, des 36 traitements préconisés sur les pommiers, des normes "biosécurité" aberrantes imposées aux petits éleveurs, de notre future retraite estimée à moins de 600 € mensuel chacun... tout me vient en vrac, la liste est malheureusement non exhaustive, beaucoup trop longue... J'arrête là !

On continue quand même, en s'accrochant à quelques satisfactions qui nous laissent suspendus à nos espérances !
On continue à préserver notre terre et à cultiver notre jardin avec respect et bon sens.
On continue à faire notre part en révisant totalement nos comportements de consommation car, c'est certain -et beaucoup l'on dit déjà- il est impossible de continuer à poursuivre une croissance infinie (même "verte") dans un monde fini.

 

 J’ai peut-être plombé un peu l’ambiance... bonne année, quand même ! ani45

 

 

 

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04 janvier 2020

20/20

 

Ce qu'on voeux pour 2020 ...

Une année sereine, sans tensions, sans consommation excessive, sans violence, sans tempêtes ni pesticides 
Une année de conscience, d'espérances, de partage, de respect, de justice et d'attentions
Une année d'actions et de résultats
 Une année engagée et militante
Une année de semences libres et de biodiversité
Une année fertile
Une année d'Amour

 Très douce année à tous !

 

Mâche Radis violets Persil

Betteraves Fenouil Blettes 

Epinards Moutarde et blettes Rougette

Moutarde Courges Serre innondée ..  

 Feuilles de chêne Poireaux Roquette

Sous serre Patates douces Plein champ 

 Céleri branche Carottes Choux-raves

 ★ Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c'est toujours comme cela que ça s'est passé.
Margaret Mead (1901 - 1978) - Anthropologue.

 

Coucher de soleil à Saint-Jory

 

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26 novembre 2019

Les patates douces

Pour une première tentative, c'est plutôt une belle réussite !

Même si la récolte s'est avérée être beaucoup plus laborieuse que prévu, nous sommes satisfaits du volume récolté et de la qualité des tubercules (quelques rongeurs les trouvent malheureusement bien à leur goût aussi ...)

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Nous les avons goutées à toutes les sauces : en purée, en frites, en chips, en soupe, en gratin... à l'eau, à la vapeur, au four, à la poêle ... Les recettes sont faciles à trouver et c'est toujours excellent ! 

Un petit penchant pour ce gratin, un peu riche certes, mais tellement, tellement bon.
Et en velouté avec de la courge Sucrine du Berry, un délice !

Lors de notre dernière journée au Grand jardin, Nadia avait apporté un super gâteau, une sorte de cake moelleux avec une consistance de flan. Il a eu du succès !
En voici la recette :   

  1 kg de patates douces cuites
  190 g de sucre roux
  160g de beurre
  3 oeufs
 
100g de farine
 
1 c. à c.de vanille en poudre
 
3 c. à s. de rhum

Préchauffez le four à 180°
Ecrasez la patate douce à la fourchette en incorporant le sucre et le beurre.
Ajoutez les oeufs et la farine et mélangez bien.
Incorporez la vanille et le rhum et versez dans un moule à cake beurré.

Cuire 45 mn et laissez refroidir avant de démouler.
Miam !

 

 

 

Posté par le grand jardin à 23:20 - - Commentaires [2] - Permalien [#]